
Quel mortier de jointoiement pour des briques anciennes ?
Découvrez le mortier de chaux, le mortier bâtard, la couleur, la dureté et les autres critères essentiels pour jointoyer une maçonnerie historique.
Quel mortier de jointoiement utiliser pour des briques anciennes ?
Les briques anciennes ne demandent pas automatiquement un seul mortier standard. Le bon mortier dépend de la dureté et de l’absorption de la brique, du mortier existant, de la composition du mur et des conditions auxquelles la maçonnerie est exposée.
C’est particulièrement important pour une maçonnerie historique. Le joint doit s’accorder visuellement, mais aussi convenir techniquement à la brique et à la construction. Un mortier inadapté, trop dur, peut être défavorable à des briques anciennes relativement tendres.
Pourquoi le choix du mortier est-il important ?
Les joints représentent une part importante de la façade visible et influencent à la fois l’aspect et la gestion de l’humidité dans la maçonnerie. En restauration, le mortier doit donc être choisi en tenant compte de la brique.
Avec des briques anciennes, la dureté, la porosité et l’absorption d’eau peuvent varier beaucoup selon le lot. Un mortier adapté à une brique moderne dure n’est donc pas automatiquement le meilleur choix pour une brique historique plus tendre.

Mortier de chaux, mortier bâtard ou mortier de ciment ?
Ces mortiers diffèrent notamment par leur résistance, leur capacité à se déformer et leur comportement face à l’humidité. L’âge de la brique ne suffit pas à déterminer la composition adaptée.
Mortier de chaux
Les mortiers à base de chaux sont fréquents dans les maçonneries historiques. Ils sont généralement moins durs et plus déformables que les mortiers très riches en ciment. Ils peuvent donc bien convenir à certaines briques anciennes tendres et poreuses et aux murs traditionnels.
Cela ne signifie pas que toutes les façades anciennes doivent être jointoyées uniquement avec de la chaux pure. La situation existante et les sollicitations techniques restent déterminantes.
Mortier bâtard, à la chaux et au ciment
Le mortier bâtard associe chaux et ciment. Selon les proportions et la composition, il peut offrir des propriétés intermédiaires entre un mortier de chaux traditionnel et un mortier plus résistant riche en ciment. Il est utilisé dans différentes applications de rénovation et de maçonnerie.
Ici aussi, sa résistance doit être adaptée à la brique. Le seul nom « chaux-ciment » ne permet pas de savoir si un produit précis convient.
Mortier riche en ciment
Les mortiers riches en ciment peuvent être relativement résistants et durs. Cela peut convenir à des briques dures et à certaines structures modernes, mais un joint trop dur peut être indésirable sur des briques historiques plus tendres.
Lorsque le joint est beaucoup plus dur que la brique, les contraintes et l’humidité peuvent se concentrer défavorablement sur celle-ci. En restauration, rechercher la résistance maximale n’est donc pas automatiquement préférable.
Le joint doit-il être plus tendre que la brique ?
En restauration, on cherche généralement un mortier dont les propriétés conviennent à la brique et qui n’est pas inutilement plus dur que la maçonnerie historique. L’application concrète dépend du type de brique, du mortier existant et de la structure.
Pour une maçonnerie historique précieuse ou fragile, une analyse du mortier existant peut être judicieuse. Elle évite un choix fondé uniquement sur la couleur ou une recette standard.
Quel rôle joue l’absorption des briques anciennes ?
Les briques absorbent l’eau du mortier frais à des vitesses différentes. Une brique très absorbante peut retirer rapidement l’humidité du mortier, tandis qu’une brique dense en absorbe beaucoup moins.
La mise en œuvre doit en tenir compte. Une perte d’eau trop rapide peut nuire à l’adhérence et au durcissement. La météo compte aussi : un temps chaud, sec et venteux demande une approche différente d’un temps frais et humide.
Pour réutiliser des briques anciennes, consultez également notre guide de maçonnerie avec des briques anciennes.
Quelle couleur de joint choisir ?
La couleur du joint influence fortement l’aspect global d’une façade. Un joint clair souligne chaque brique et peut éclaircir la maçonnerie. Un joint sombre ou plus discret peut faire davantage apparaître les briques comme une surface continue.
En restauration, on regarde souvent le joint d’origine ou existant. En cas de doute, faites des zones d’essai : la couleur du mortier peut changer nettement après le séchage.
Forme des joints et appareil de maçonnerie
La couleur, mais aussi la forme et la profondeur du joint, déterminent l’aspect. Un joint affleurant, en retrait ou présentant une autre finition donne une apparence différente à une même brique.
L’association avec le motif de la maçonnerie joue aussi un rôle. Consultez notre présentation des différents appareils de maçonnerie.
Retirer les anciens joints avec précaution
Avant de rejointoyer, il faut retirer suffisamment l’ancien joint pour créer la place nécessaire à un nouveau joint solide, sans abîmer inutilement la brique.
Le dégarnissage par meulage ou burinage demande particulièrement du soin avec les briques anciennes moulées à la main et les autres briques à bords irréguliers. Des bords abîmés restent visibles après le jointoiement et peuvent altérer la façade historique.
Joints et problèmes d’humidité
Des joints usés, lessivés ou fissurés peuvent favoriser l’absorption de pluie par une façade. De nouveaux joints peuvent alors faire partie de la réparation, sans résoudre automatiquement tous les problèmes d’humidité.
Il faut d’abord vérifier que l’humidité provient réellement des joints. Consultez aussi notre article sur l’humidité dans les murs d’une maison ancienne.

Réemployer des briques anciennes : choisir ensemble mortier et joints
Avant de poser un lot ancien, il est prudent de réfléchir au mortier, à la couleur et à la finition des joints. Vous éviterez de découvrir après la maçonnerie que le joint choisi ne convient pas à l’aspect recherché.
Pour un grand projet, un petit mur ou une zone d’essai en vaut souvent la peine. Vous voyez directement l’association de la brique, du tri, de la couleur du mortier, de la largeur du joint et de la finition.
Nos projets avec des matériaux anciens montrent combien l’association de la brique et du joint peut changer le résultat.
Questions fréquentes sur le mortier de jointoiement
Puis-je utiliser un mortier de ciment ordinaire sur des briques anciennes ?
Pas sans vérifier que ses propriétés conviennent à la brique et à la construction. Un mortier très dur et riche en ciment peut notamment être inadapté à des briques historiques relativement tendres.
Le mortier de chaux est-il toujours le meilleur choix ?
Non. Il peut très bien convenir à une maçonnerie historique, mais le bon mortier dépend de la brique, du mortier existant, de la structure du mur et des sollicitations. Il n’existe pas de recette universelle pour toutes les briques anciennes.
Comment choisir la bonne couleur de joint ?
Examinez l’aspect souhaité et, en restauration, la situation existante ou d’origine. En cas de doute, réalisez plusieurs zones d’essai et jugez-les seulement une fois le mortier sec.
Des joints défectueux peuvent-ils provoquer de l’humidité ?
Des joints abîmés peuvent contribuer à l’absorption de pluie. Toutefois, l’humidité peut aussi venir d’une fuite, de condensation ou de problèmes de raccords et d’évacuation des eaux.